Et si plus tard j'étais une psy névrosée, que chaque patient serait pour moi une torture. Ou bien si plus tard je devenai une journaliste reconnue, mais que j'écrirai tellement que ma main se déttacherai et tomberai en morceaux devant moi, se détachant consciensement filament par filament, ou nerfs par nerfs plutot. Et si plus tard je serai un médecin maladroit, ou un médecin sadique, qui aime faire mal aux patients, que les scalpels seraient mes joujous préférés, le sang dégoulinant représentant un nectar d'une valeur inestimable, et que je jouirai sans cesse d'avoir des avenirs entiers entre mes mains.
Si plus tard je devenai reine du monde, avec tout à portée de main, que je changeai le monde, la france deviendrait les USA et barack obama notre président, que les pays en guerre seraient rayés, que la seule couleur autorisée serai le blanc car c'est signe de paix, et que tout deviendrai simple, sans argent, sans haine.
Et si plus tard plutot, je prenai gout aux cheveux, à les couper, les voir tomber sur le sol, virevoltant un peu comme des feuilles d'automne quand un client ouvrirai la porte créant ainsi un courant d'air qui dérangerai ces poils qui trainent sur le sol.
Et si j'étais une mère au foyer, débordée par le quotidien, virvoltant entre ménage repassage, courses, le journal du 20h à ne pas rater, la petite à ne pas noyer, le chien à ne pas oublier dans un parc. Le bébé posé dans le placard en arrivant à cause d'un automatisme débile consistant à poser ses affaires dès qu'on rentre et qui me ferai alors culpabiliser des nuits et des nuits entieres, je déveloperai ainsi un baby blues, abandonnant ma famille, mes résponsabilitées et me plongeant dans la peinture.
Alors je serai peintre. Je ferai de l'art abstrait et serai une artiste incomprise, je me couperai l'orteil, et je m'appellerai la femme sans orteil, alors mes tableau qui étaient dénigrés deviendraient des vrais chefs d'oeuvre car c'est la femme sans orteil qui les auraient peint, et là ils se vendraient par milliers et je serai milliardaire.
Et si j'étais riche, mon quotidien ne serai que shopping, sorties, je vivrai la nuit et dormirai le jour, ou vomirai selon le cocktail de la veille, puis ensuite je passerai du 34 au 36 à cause des restaurants, et alors je déprimerai ce qui me fera angloutir une quantité énorme de nourriture, et je passerai au 38 puis au 40 et au 42 sans jamais plus vraiment m'arrêter, je serai malheureuse, grasse et moche.
Quelque soit mon avenir, je ne pourrais jamais dire ce que je veux vraiment , on ne saurai dire ou l'on va, mais alors, juste tenter de se frayer un chemin dans toutes ces vies possibles sera déjà quelque chose de bien. Cependant, un avenir serai meilleur que les autres, tomber (enfin) amoureuse et être aimée en retour, et cela, avec un bon timing.
Bizarrement, cet avenir me parait le plus farfelu et irréalisable de tous.